Jusqu’en 1450, Metzeral et Sondernach dépendaient de la paroisse de Muhlbach créée en 896. Une chapelle dédiée à Notre-Dame des Neiges fut ensuite construite sur la colline, à l’emplacement, selon la légende, d’un ermitage fondé par Emma en souvenir de son fiancé Roland. Détruite au cours des guerres, elle fut reconstruite en 1758 sous le patronat de Saint-Blaise. Devenue mixte à la suite de la Réforme, cette nouvelle chapelle, en 1899, fut réservée aux catholiques. Le 2 février 1900 eut lieu la fondation de la nouvelle paroisse de Metzeral-Sondernach.
L’actuelle église-mémorial de l’Emm, bâtie sur le site même de la chapelle qui fut détruite au cours des affrontements de la bataille de Metzeral, est l’œuvre de l’abbé Martin Béhé (1887-1963).
Arrivant dans la vallée en 1921, il découvre un paysage encore marqué par la guerre. « Pour ce motif et parce que centre des champs de bataille des Vosges et gardienne fidèle des tombes de nos soldats, Metzeral était tout désigné pour avoir sur son sol cette Eglise votive que la générosité des familles éprouvées d’Alsace et de France avait voulu élever à la mémoire de leurs fils, de leurs époux, de leurs pères tombés sur les cimes des Vosges et reposant paisiblement dans les cimetières militaires si nombreux des alentours ».
De 1922 à 1923, se constitue un comité de l’œuvre du « Souvenir Alsacien », sous le haut patronage de Mgr Ruch, évêque de Strasbourg et du général de Pouydraguin, ancien commandant de la 47e division et ancien gouverneur militaire de Strasbourg, dans lequel on trouve des personnalités appartenant à toutes les régions de France. Des ventes de charité sont organisées dans les grandes villes de France (Paris, Lyon et Bordeaux) ainsi qu’à l’étranger (notamment en Suisse). La consécration de l’édifice a lieu le 4 octobre 1931 et celle des cloches le 3 juillet 1932, cérémonies toutes deux en présence de Mgr Ruch, du général de Pouydraguin, de madame la général Serret et de nombreuses autres personnalités.
À l’extérieur, le matériau dominant est le grès rose des Vosges des carrières Rauscher d’Adamswiller dans le Bas-Rhin dont fut faite la cathédrale de Strasbourg. Le clocher s’inspire de la tour de l’ancienne chapelle de Fourvière, souvenir d’une vente de charité en 1926 et abrite quatre cloches classées. Le Bourdon (Do), clef de voûte d’un carillon en ut majeur, rappelle l’envolée sourde et majestueuse du Bourdon de l’ossuaire de Douaumont.
À l’intérieur, le chef-d’œuvre de l’église est sans conteste le Maître-Autel fait de marbre blanc de Carrare. Le long de la nef, dans les arcades de 1m80 de haut, sont placées des plaques de marbre jaune de Sienne sur lesquelles sont gravés les noms des soldats tombés dans les Vosges.
Au centre de la nef, la chapelle du pèlerinage abrite une Pietà de Notre-Dame des Sept Douleurs du XVIe s (datation contestée). Volée en 1764, elle a été retrouvée en 1944.
L’aspect général de l’église est rehaussé de vitraux de grande qualité réalisés par la Maison Ott Frères de Strasbourg. Un vitrail en particulier rappelle la vocation du sanctuaire : au-dessus de la chapelle latérale le vitrail dit du « Souvenir » présente un soldat mourant dans les bras d’un aumônier auquel un ange apporte la couronne des élus.
Depuis juillet 2005, l’église de l’Emm s’est dotée d’un nouvel orgue venu remplacer l’ancien, provisoire, installé en 1950. Le nouvel instrument a été réalisé par le Maître Facteur d’Orgue Hubert Brayé de Mortzwiller (Haut-Rhin) et comporte 20 jeux sur 2 claviers et pédale.
Inspiré de la facture d’orgue de la deuxième moitié du 19e siècle, cet orgue à transmission mécanique est à l’aise dans un très large répertoire. Cette polyvalence est particulièrement appréciée de nombreux organistes. Des manifestations artistiques de qualité sont organisées chaque année autour de cet orgue par l’association des Amis de l’Emm.
Cette présentation n’a rien d’exhaustif, aussi rien ne vaut le plaisir d’une visite.



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