La guerre
- La période bohémienne et palatine 1618-1623
- La période danoise : intervention du Danemark, vaincu par Tilly et Wallenstein.
- La période suédoise 1630-1635
Gustave II-Adolphe vient à son tour soutenir la cause protestante, aidé en sous-main par Richelieu que la présence autrichienne inquiète, d’autant qu’elle avait son alliée naturelle, l’Espagne entourant la France de tous côtés : au sud dans le Roussillon, au nord dans la Flandre catholique, à l’Est en Franche-Comté et au-delà des Alpes dans le Milanais.
Après une chevauchée victorieuse du nord au sud de l’Allemagne, Gustave-Adolphe fut tué en remportant la bataille de Nördlingen (Sept. 1632). Sous le gouvernement de son chancelier Oxenstiern, le commandement du maréchal Horn et du duc Bernard de Saxe Weimar, la série de succès continue, l’Alsace est occupée, la régence d’Ensisheim se retire en Franche-Comté tandis que Brisach prépare sa défense. Mais vient la défaite de Nördlingen (Sept 1634) ; l’Autriche relève la tête, la France estime de son intérêt d’intervenir.
- La période française 1635-1648
Dès 1632, la France avait effectué une marche de démonstration à travers l’Alsace et le Rheingau, et demandé des gages au Duc de Lorraine. En 1635 elle déclare la guerre à l’Espagne et envahit la Franche-Comté ; l’empereur déclare la guerre à la France en 1636. Les armées françaises vont se substituer aux Suédois qui abandonnent l’Alsace, sauf Benfeld qu’ils garderont jusqu’à la paix. Le Duc de Weimar se met au service du Roi et prend Brisach en 1638, mais meurt l’année suivante. Les armées françaises battent les Espagnols à Rocroi (1643), les Impériaux à Freiburg et à Nordlingen, forçant l’empereur à conclure une paix qu’il différait depuis des années. Ce sont les traités de Wesphalie signés à Münster et Osnabrück en 1648.
Une des caractéristiques de cette guerre était, en dehors des batailles, et des sièges, la présence et le passage des armées de tout bord, rançonnant les habitants et dévastant le pays. A part l’armée suédoise avant la mort de Gustave Adolphe, nationale, régulièrement soldée, disciplinée et dans la main de ses chefs, toutes les autres armées étaient des corps de mercenaires, la plupart étrangers au pays pour lequel ils combattaient. Certaines d’entre elles étaient de véritables « entreprises » sous la conduite de « chefs de guerre » qui promettaient le butin plutôt que la solde, se mettant au service du prince le plus offrant, changeant quelquefois de camp au gré des avantages escomptés. « Et les convois qui suivent la troupe, le train de l’armée, où l’on trouve les juifs cosmopolites et revendeurs, les Russes déserteurs, les Polonais, les Tziganes qui se mèlent aux femmes et aux enfants tenus en respect par le « prévôt des ribaudes »... sont plus importants que la troupe elle-même. Tout autour du camp, une nuée de partisans, passe-volant et déserteurs qui partent au jour de la bataille et vivent des gains et des jeux du soldat. Les chefs voient dans leurs conquêtes une occasion de se transformer en princes territoriaux. » (G. LIVET : L’Intendance d’Alsace sous Louis XIV)
Amies ou ennemies, les troupes étaient obligées de vivre sur le pays, exigeant souvent leur subsistance au prix des pires sévices. Dans l’intervalle des engagements militaires proprement dits, les méfaits de groupes isolés, agissant souvent sans ordre, des rôdeurs profitant de la disparition des autorités constituées, n’étaient pas moins redoutés.
C’est à cette conjonction de fléaux que nos pauvres villages furent exposés pendant près d’un quart de siècle. S’y ajouteront la famine, les épidémies, les hivers rigoureux, cause de pertes de récoltes, comme si la nature elle-même s’était mise à l’unisson de la rage destructrice des hommes.
Contributions de guerre.
Celles-ci étaient dans un premier temps négociées par les communes pour leur éviter la présence pour le moins gênantes des troupes. Mais forts de leur pouvoir, les chefs militaires les imposaient souvent en sus des cantonnements. Le refus de payer, ou même le simple retard, bien que motivés par l’appauvrissement des populations, étaient menacés d’une opération de pillage, dont les habitants tenaient à se préserver à tout prix.
Le grand bailli avait la lourde tâche, de concert avec les prévôts des villages, de répartir les sommes entre les communautés. Après leur arrivée en 1633 les Suédois, eux aussi, réclamèrent de l’argent pour l’entretien des troupes, si bien qu’on voyait nos villages obligés de financer les belligérants des deux bords. Il arrivait que, pour échapper à leur dettes, des hommes abandonnent leur famille à la charité publique et s’engagent dans l’une ou l’autre des armées.
Conclusion
Par sa durée, son intensité, ses conséquences, la guerre de Trente Ans est la période la plus aiguë d’une crise à trois niveaux :
– idéologique : la Réforme de Luther et de Calvin a touché toute l’Europe et a eu pour conséquence la Contre-Réforme catholique issue du Concile de Trente ;
– économique avec la montée des prix au 16e siècle, les transformations des marchés, les problèmes monétaires, le relatif déclin de la Méditerranée au profit des routes de l’Atlantique.
– politique et sociale : les états monarchiques sont de plus en plus centralisés ; une nouvelle classe sociale apparaît : la bourgeoisie, issue des milieux d’affaires.
Le Congrès qui rétablit la paix en Allemagne par le traîté de Westphalie y a reconnu trois confessions chrétiennes : catholique, luthérienne et calviniste. Il a également instauré un nouveau statut garanti par toutes les puissances contractantes, point de départ, d’une certaine manière, de l’Europe moderne.


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