LE CALENDRIER RÉPUBLICAIN
Après la Révolution, le désir de changement amena l’usage d’un nouveau calendrier appelé « calendrier révolutionnaire » ou « calendrier républicain ». Il comportait douze mois de trente jours groupés en décades. Pour atteindre les 365,25 jours du calendrier grégorien, les années finissaient par cinq « jours complémentaires » et six, les années bissextiles.
Le début de l’ère républicaine fut fixé au samedi 22 septembre 1792, jour de la proclamation de la République et équinoxe d’automne, qui devint le 1er Vendémiaire an I ; ce calendrier resta en usage treize ans, jusqu’à son abolition par Napoléon Ier, qui rétablit le calendrier grégorien le mercredi 1er janvier 1806.
Les noms des mois républicains étaient dûs à Fabre d’Églantine et évoquaient les saisons :
- Vendémiaire, Brumaire, Frimaire pour l’automne ;
- Nivôse, Pluviôse, Ventôse pour l’hiver ;
- Germinal, Floréal, Prairial pour le printemps ;
- Messidor, Thermidor, Fructidor pour l’été.
Les dix jours de la semaine se nommaient : Primidi, Duodi, Tridi, Quartidi, Quintidi, Sextidi, Septidi, Octidi, Nonidi, Décadi.
Les jours complémentaires correspondaient à une fête : de la Vertu, du Génie, du Travail, de l’Opinion, des Récompenses ; le 6e jour complémentaire s’appelait Fête de la Révolution ou Jour des sans-Culottes/Sans-Culottide.
Cas particulier de l’Alsace
Lorsque les actes étaient rédigés en allemand, le mois républicain était le plus souvent conservé tel quel, avec une orthographe « germanisée » : « Ventos » pour Ventôse etc. Mais on trouve également des dates dont les noms des mois ont été traduits ainsi : Vendémiaire = Weinmonat qui n’est pas le Weinmonat/octobre du calendrier allemand !
- Brumaire = Nebelmonat
- Frimaire = Frostmonat ou Reifmonat
- Nivôse = Schneemonat
- Pluviôse = Regenmonat
- Ventôse = Windmonat
- Germinal = Knospenmonat ou Keimmonat
- Floréal = Blütenmonat
- Prairial = Wiesenmonat
- Messidor = Erntemonat
- Thermidor = Hitzmonat
- Fructidor = Früchtemonat
Les jours complémentaires deviennent des « Ergänzungstage ».
FABRE « d’Églantine » (Philippe François Nazaire Fabre dit…)
Né et baptisé le 29 juillet 1750 à Carcassonne, fils d’un marchand drapier. Passionné de poésie, il s’attribue le premier prix, l’églantine d’or, aux Jeux Floraux de Toulouse et donne ainsi une consonnance noble à son nom. Auteur-comédien ambulant, dramaturge et homme politique. Épouse à Strasbourg Marie-Nicole Godin le 9 novembre 1778. Auteur d’un opéra comique dont il nous reste une chanson « Il pleut, il pleut, bergère ».
Établi à Paris à partir de 1787, il entre au Club des Jacobins et se lie avec Marat et Danton dont il devient l’homme de plume. Il apparaît comme un révolutionnaire intransigeant et l’un des principaux responsables des massacres de septembre 1792. Il est parmi ceux qui votent la mort de Louis XVI. Élu député de Paris à la Convention, il est l’auteur des noms des mois et jours du calendrier républicain qui n’est voté que le 25 octobre 1793.
Exclu des Jacobins pour des actes malhonnêtes, il est arrêté et guillotiné avec Danton le 17 Germinal an II (6 avril 1794).
Sources
Encyclopédie « Universalis » : articles : Fabre d’Églantine ; calendrier : le calendrier républicain
Wikipedia : Fabre d’Églantine
Claude Roll : Manuel illustré pour la généalogie en Alsace : le calendrier républicain ou révolutionnaire ; table de conversion des calendriers républicain et grégorien
Hérédis v.10, logiciel de généalogie : « Convertir une date »



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