De tout temps, l’Alsace a facilité les rencontres de peuples, sa population augmentant régulièrement, tant par excédent naturel que par excédent migratoire. Et pourtant, à la différence de ses provinces et régions voisines, l’Alsace n’a jamais connu de période d’unité et d’autonomie politique combinées. Créée en 962, cette province fut principalement sous l’autorité du Saint Empire romain germanique jusqu’au XVIIe siècle. Après 1648, elle fut rattachée progressivement à la France. S’ensuivit ensuite l’annexion forcée de 1871 avant le retour à la France en 1918, sans oublier ensuite les souffrances physiques et morales de l’occupation nazie. De ce fait, l’Alsace possède une forte identité culturelle, à la fois française et germanique. Une histoire à retrouver sur le site d’AlsaceGenWeb
Selon le géographe Paul Vidal de la Blache dans la France de l’Est (1917), l’adhésion de la population alsacienne à la France a été scellée sur une base plus politique que culturelle, en témoigne la justice royale de Louis XIV qui prenait souvent parti pour les paysans dans leurs conflits avec les seigneurs. Mais c’est surtout le célèbre écriteau : « Ici commence le pays de la Liberté », placé à Strasbourg sur le pont du Rhin, le 14 juillet 1791 pour la fête de la Fédération, qui symbolise l’adhésion de l’Alsace à la France. Ce n’est pas un hasard si l’Alsace fournira beaucoup d’officiers à la France sous la Révolution. C’est aussi à Strasbourg que Rouget de Lisle compose la future Marseillaise, son chant de guerre pour l’armée du Rhin.
Le patriotisme alsacien ne s’est, depuis, jamais démenti. Cette particularité politique alsacienne a évidemment des corollaires culturels, comme le souligne l’article mis en ligne sur Wikipedia : l’Alsace fut un pays de commerçants, d’artisans, de bourgeois indépendants qui soutinrent la Révolution et les Républiques. Wikipedia
DIALECTES ET TRADUCTIONS
La langue parlée en Alsace depuis le Ve siècle est un dialecte germanique que les Allemands nomment « Elsasserdeutsch » et qui fait partie des parlers franciques et alémaniques. Un dialecte roman est également parlé dans des localités du Sundgau, et un patois vosgien non germanique appelé le « welche » est parlé dans certaines localités des hautes vallées et crêtes à l’ouest de Kaysersberg.
En Alsace, le chercheur peut être confronté à des actes anciens en allemand, soit datant de la période du IIe Reich et de l’annexion entre 1871 et 1918, soit d’actes d’avant la Révolution de 1789 (voire de la période révolutionnaire). L’évolution de la langue et de l’orthographe compliquera la compréhension du sens des mots qu’il a déchiffrés. Pour ces actes anciens en allemand, la Fédération généalogique de Haute-Alsace propose un outil indispensable (voir « Outils » puis « L’allemand et les dialectes alsaciens » ou « Alphabet ancien »)
Après 1918, lorsque l’Alsace est redevenue française, la plupart des noms des communes ont été conservés dans leur version germanophone d’origine. Certains d’entre eux ont été francisés, ou ont connu une modification orthographique les rendant parfois plus proche de la prononciation dialectale (comme Obernai). Par contre en 1940, les noms francophones ont été systématiquement germanisés (La Broque est devenu Vorbrük). Retrouvez une liste des noms de ces communes pendant l’occupation allemande sur le site Web de Michel Barbier
DÉPÔTS D’ARCHIVES
La tradition archivistique de la province d’Alsace remonte à plusieurs décennies sous l’Ancien Régime : dès 1638, Bernard de Saxe-Weimar obtient, au nom du roi de France, la capitulation de la forteresse de Brisach et reçoit l’ensemble des documents conservés par l’administration autrichienne. Ces documents passeront ensuite à l’intendance d’Alsace et feront l’objet d’un soin particulier, notamment sous l’égide de Jean-Daniel Papelier La partie « Sources et ressources » présente les registres paroissiaux et d’état civil, les notaires, les communes, les paroisses, les archives privées et les microfilms. Archives départementales du Bas-Rhin.
Fondées en 1795, les Archives départementales du Haut-Rhin conservent de nombreux documents du VIe siècle à nos jours. Dès la page d’accueil, on accède aux répertoires des archives et à trois bases de données : armoiries des communes, liste des victimes des deux guerres mondiales et plans de finage de l’Intendance.
Enfin, n’oublions pas les services d’archives des grandes villes étrangères influentes et proches que sont Karlsruhe (Allemagne) et Bâle (Suisse) (non germanophones s’abstenir !)
PORTAILS GÉNÉALOGIQUES
- Boîte à outil du généalogiste alsacien
- Alsace Genea
L’Alsace est l’une des régions de France qui compte le plus grand nombre de sociétés d’histoire et de publications sur la vie locale. Elle cherche ainsi à préserver ses particularités, ses symboles et ses traditions. Un généalogiste s’intéressant à l’Alsace devrait commencer sa recherche par ce site qui se veut la « boîte à outils » du généalogiste alsacien.
Le sommaire complet de la page d’accueil facilitera vos recherches : Alsace féodale, cantons perdus, départements de l’Empire, mesures, monnaies, coût de la vie, aide en allemand, termes du vieil allemand, liste des communes ayant changé de noms…
Enfin, le site de France Apprill et Serge Buslau, AlsaceGenea, est très riche en ressources historiques et généalogiques. Il présente de très nombreux liens vers tous les sites de référence : associations, guides, listes de discussion, relevés, dépouillements, nationalité, optants, émigration, guerres et militaires, histoire, géographie actuelle et ancienne, artisanat et industrie, monographies et infos pratiques…
RECHERCHE ET ENTRAIDE
L’importante documentation historique, thématique et généalogique du Centre départemental d’histoire des familles propose une base de 15 000 mariages, 330 000 optants, 12 000 soldats, 8 500 miliciens, 8 600 migrants, 15 000 biographies, 34 000 faire-part de décès et plus d’un demi-million d’artisans d’autrefois, ainsi que de nombreux autres documents comme un censier de Guebwiller au XVIe siècle numérisé.
Si vous êtes en possession d’un acte (photocopie ou scan) ou si vous êtes à la recherche d’un acte du Bas-Rhin, participez à la base de données Gendep67 qui propose déjà plus de 1 200 actes en ligne.
Retrouvez également des infos sur les communes (localisation, lieu de culte, château, lieux-dits, hameaux…) via le site GenCom dans la rubrique « les communes ».
Enfin, partagez vos sources et vos recherches avec d’autres passionnés ou chercheurs dans le cadre des listes de discussion telles que CGAlsace ou Genialgenealsace
William Gassien in RFG, déc. 07 - janv. 08 N° 173



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