Munster, on le sait, est une des plus vieilles villes impériales de l’Alsace. Vers le milieu du XIVe siècle, les villes impériales avaient conclu de fortes alliances, dont le but était de consolider leurs droits acquis et d’étendre leur importance politique. C’est ainsi que sept villes de la Haute-Alsace et des régions médianes, à savoir Obernai, Sélestat, Colmar, Kaysersberg, Munster, Turckheim et Mulhouse, signèrent, ce 12 octobre, un traité de trois ans, qui devait garantir la paix des villes, de la campagne et de ses habitants et inviter ceux-ci à remplir consciencieusement leurs devoirs envers le Souverain et l’Empire. Cet accord fut renouvelé pour une seconde durée de trois ans, le 12 mai 1346. Quelque temps plus tard, le 23 septembre 1354, les dix villes impériales d’Alsace (Haguenau, Wissembourg, Colmar, Sélestat, Obernai, Rosheim, Mulhouse, Kaysersberg, Turckheim et Munster), s’inspirant des suggestions que leur avait faites l’empereur Charles IV, formèrent l’alliance dite de la Décapole, qui fut placée sous la direction du bailli supérieur, représentant· principal de l’autorité impériale en Alsace. Malgré certaines conventions spéciales, cette alliance fut régulièrement renouvelée.
Les liens entre les parties contractantes se serrèrent avec le temps toujours plus étroitement, puisqu’il s’agissait, en effet, de défendre l’ensemble des prérogatives impériales qui avaient été parfois conquises au prix de mille difficultés. Celles-ci furent, du reste, accordées en 1431 à Ammerschwihr qui, chose bizarre, n’adhéra cependant pas à la Décapole. Du temps où Mulhouse faisait encore partie de l’alliance, la ville en question s’en sépara en 1515. Les assemblées des députés des cités amies, qui étaient connues sous le nom de diètes de villes, avaient en général lieu à Sélestat, où se trouvaient, du reste, les archives de la Décapole avec l’ensemble des chartes impériales.


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